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La fois où j’ai tout quitté pour aller vivre à Cabarete. Partie 5

26 septembre 2017
vivre a Cabarete

De retour à Montréal pour ce qui devait être une petite visite de plus ou moins trois semaines… C’est plutôt une semaine d’enfer qui m’attendait. J’allais devoir patienter avant de pouvoir repartir à Cabarete.

Pour lire les parties précédentes:

Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4

En quelques jours, j’ai subi une opération, des dizaines d’injection de morphine… Je n’avais aucune idée de la date, du mois ou même de l’année que nous étions. J’avais été entre la vie et la mort durant quelques heures et on ne savait toujours pas ce qui m’arrivait. Ce n’était pas du tout encourageant.

Quelques jours après l’opération, à mon grand désarroi, la douleur est revenue et une étrange fièvre également. Il y avait définitivement une infection à la rate. Cette fois, ils ont pu identifier l’emplacement de l’infection, mais la marge de manoeuvre était réduite parce que j’avais déjà été scalpée sur tout l’abdomen. Ils ont donc du installer des tubes à partir de mon dos pour aller drainer l’abcès. Je devais officiellement dire adieu à toute forme de confort pour un bon bout de temps.

Le diagnostic

Mais cette procédure à enfin permis d’identifier ce que j’avais. Le diagnostic? Une infection à la salmonelle. L’hypothèse la plus plausible était qu’après mon accident de moto, ma blessure m’avait laissé plus vulnérable aux bactéries. Avec toutes cette pluie automnale à Cabarete, il avait suffit que l’eau du robinet soit contaminée pour pénétrer mes plaies. Ensuite, il y avait le fait que j’avais ignoré les premiers symptômes et que durant des semaines, la bactérie grandissait en moi.

J’ai donc passé près de deux mois dans cet hôpital. J’ai perdu 20 livres, j’ai développé une forte dépendance aux narcotiques et je suis tombée dans une profonde déprime. L’opération que j’avais subi allait nécessiter environ 6 mois de convalescence. C’était un peu secondaire, mais j’étais venue pour 3 semaines, toutes mes choses étaient restées à Cabarete. Je n’avais pas d’appartement, pas de revenu… Je m’en voulais énormément de ne pas avoir consulté puisqu’en République, on m’aurait probablement testé pour la salmonelle avant de m’opérer et de simples anti-biotiques auraient suffit pour me guérir.

Montréal Cabarete malade

La morphine

Quand j’ai reçu mon congé d’hôpital, j’ai passé près de 72 heures en sevrage de morphine. J’ai eu des tremblements, des convulsions et je n’ai pas dormi pendant près de deux jours. On a fini par me donner de la codéine pour que je puisse fermer l’oeil. Laissez moi vous dire qu’avec la douleur de ma cicatrice abdominale en plus des douleurs musculaires causées par une longue période alitée, subir un sevrage d’une telle intensité était vraiment le summum du cauchemar.

C’était décembre 2006. Cette année là, il y avait eu des records de chaleur. Le contraste de température avec la République dominicaine n’était pas si dramatique. Heureusement, les fêtes approchaient et mes parents avaient prévus que nous passions un bon moment avec ce que nous venions de vivre. À cette époque, nous avions un chalet à St-Adolpe et c’était merveilleux de pouvoir aller me reposer là bas.

Un hiver à Montréal

hôpital malade sang

J’ai passé l’hiver 2007 enfermée à la maison. J’avais pu emménager dans mon ancien appartement qui était redevenu disponible à mon grand soulagement. Je n’avais vraiment rien à faire. Tout le monde travaillait et moi, les seules fois où je sortais de la maison, c’était pour aller chez le docteur. La seule chose que je voulais, c’était repartir. Je parlais avec ma coloc régulièrement qui me racontait les dernières nouvelles du village. J’étais franchement déprimée de cette tournure des événements. Chaque jour, j’ouvrais mes courriels en espérant recevoir un courriel de mon ami du bar. Mais à aucun moment, je n’ai reçu de ses nouvelles.

Les médecins trouvaient que mes résultats sanguins étaient lents à remonter, mais ça ne l’ai inquiétait pas trop. Vers le mois de mars, un des docteurs m’a dit qu’il me donnait congé d’hôpital durant 3 mois. Pour moi et ma famille, c’était encourageant. Ça voulait dire que ma santé était stable et que je guérissais. J’ai donc eu l’idée, risquée je l’admet… d’aller passer ces trois mois à Cabarete. J’ai cherché un billet et deux semaines plus tard, j’étais à bord d’un avion. Je me disais que me sauver de cet hiver interminable allait m’aider à guérir.

Retour à Cabarete

Je suis atterrie à l’aéroport de Puerto Plata un vendredi soir du mois de mars. Ma coloc était là et en arrivant à la maison, des amis étaient là pour m’accueillir. J’étais tellement heureuse. J’avais l’impression à la fois d’avoir quitté cet endroit la veille, mais en même temps, ça me semblait tellement loin. J’étais partie en pleine basse saison et voilà que j’arrivais en plein coeur de la saison touristique. J’étais là pour trois mois et je devais prendre ce temps pour poursuivre ma convalescence pour qu’à mon retour à Montréal, le docteur soit satisfait de mon état.

J’avais été chanceuse avec le voisinage dans l’appartement dominicain et il semblait que la chance me souriait à nouveau puisque 3 des maisons sur 4 étaient occupés par des Québécois(e)s. La voisine était nulle autre que la fille d’un des propriétaires des condos où j’avais travaillé. En quelques jours, on est devenue de très bonnes amies. Je pouvais enfin vivre cette vie des Caraïbes que j’avais rêvé. On prenait un café à la piscine le matin et on se préparait pour aller passer la journée à la plage. Le soir, on revenait se doucher et on sortait au village rejoindre des amis! C’était la belle vie. Les autres voisines du Québec étaient super gentille aussi, tout le monde s’entendaient bien.

convalescence

La vie Dominicaine

Quant à mon amie du bar… J’étais allée le voir en arrivant, mais quelques jours plus tard, je l’avais vu embrasser une autre fille dans un bar… J’étais triste, mais je m’y attendais un peu. De toute façon, peu de temps après, un garçon qui était la depuis quelques mois avait mis le paquet pour me convaincre de sortir avec lui et éventuellement j’avais cédé. Il était très gentil, mais pas question de m’attacher puisqu’il repartait à la fin de la saison.

J’avais repris mes habitudes de sortir chaque soir et me coucher tard. J’avoue que ce n’était pas tout a fait ce que le médecin avait prescrit… Mais j’avais passé quelques semaines à penser que peut-être ma vie allait se terminer et je souhaitais seulement profiter du fait que j’étais vivante. J’avais passé mes derniers mois à Cabarete; malade, fatiguée et maintenant que je me sentais bien; je voulais juste profiter de cette vie que j’avais choisi qui avait été durement ébranlée récemment.

Cabarete République dominicaine

J’avais pris la décision avec mon médecin de Montréal de passer des test sanguins régulièrement à Cabarete et de revenir à Montréal si l’hémoglobine recommençait à descendre. Ça se passait relativement bien considérant que mon sang n’avait pas atteint son niveau normal. Mais je devais souvent expliquer aux médecins sur place ce qui m’était arrivé pour justifier des résultats si bas. Je me souviens d’une fois lorsqu’un d’entre eux m’a appelé pour me dire de me rendre à l’urgence parce que je faisais une hémorragie interne. Je souffrais d’anémie sévère et il ne comprenait pas trop pourquoi je tenais encore debout. J’étais loin de me douter qu’une greffe de moelle osseuse allait être la seule option pour me guérir.

Fini la convalescence

J’avais un bon niveau d’énergie et je me sentais prête à recommencer à travailler. Ma voisine Québécoise travaillait dans un des bars de la plage. Elle adorait ça et je m’entendais bien avec les propriétaires. On avait donc conclu que je commencerais à travailler pour eux lorsque je reviendrais de Montréal au mois de juin.

Trois mois avaient donc passés et il était temps pour moi de revenir à Montréal vérifier que tout était beau. J’allais habiter chez une amie durant ce mois et bien que j’avais très envie de rester à Cabarete, je souhaitais aussi avoir l’esprit tranquille. En plus, l’été arrivait à Montréal et un mois serait vite passé. Quelques examens, des renouvellements de prescriptions plus tard, j’étais à nouveau à bord d’un avion vers Cabarete. Les nouvelles médicales étaient stables. Il n’y avait pas vraiment d’amélioration sur mes globules rouges, mais sommes toutes, j’étais plus forte et l’infection avait disparue.

village caraïbes

Barmaid sur la plage

À mon retour, je débutais donc un emploi dans un des bars de la plage en même temps que deux filles qui était là depuis environ un an comme moi. On s’est tout de suite bien entendu et en peu de temps, on a commencé à passer pas mal de temps ensemble. C’était un bon timing parce que mon amie et voisine repartait au Québec pour poursuivre ses études. Ces trois mois passé à Cabarete ont été super! J’ai encore reçu de la visite, je suis même sorti du village pour me rendre jusqu’à Punta Cana qui se trouve à l’autre bout de l’ile. Et dans tout ça, j’ai aussi fait la rencontre de quelqu’un. J’étais en couple pour la première fois depuis mon arrivée dans ce pays…

À suivre…

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