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La fois où la maladie m’a éloigné du reste du monde

3 octobre 2017
maladie diagnostic

J’ai passé les dernières années à souhaiter que ma vie redevienne normale. Je voulais être dans la masse à nouveau. À 26 ans, un diagnostic de maladie du sang m’avait éloigné du reste du monde. Ce diagnostic avait réorienté ma vie et m’avait désavantagé à plusieurs niveaux.

La fois où la maladie m'a éloigné du reste du monde

Je croyais que la guérison allait me remettre dans le flow du reste de la planète. Et qu’enfin j’aurais la possibilité de me joindre à ce mouvement de gens qui avançaient dans la vie à la recherche de ce que je croyais comme étant l’idéal de vie. Maintenant, j’y suis presque. La plupart des restrictions post-greffe ont été retirées. J’ai maintenant la possibilité de reprendre les responsabilités que j’avais dû mettre de coté durant les années de la maladie.

Mais, il me semble que la greffe a fait de moi, une personne complexe avec des besoins différents. Soudainement, envisager que ma vie redevienne comme celle que j’avais avant est ce que je crains le plus. Avant, je ne faisais que survivre, maintenant, je vis.

Le coté sombre

En suivant cet instinct de survie, j’ai eu besoin de me retrouver dans le calme parce que la tempête de mon combat m’a empêché d’avoir les idées claires et chacun de mes souhaits étaient assombris par une possibilité de ne pas être réalisé. J’ai chassé tous ces désirs pour les remplacer par un seul; celui de guérir. Le reste me semblait bien secondaire. À un certain point, j’ai envié les banalités de la vie, la normalité, la routine…

Je n’ai pas envisagé que le trauma de cette maladie allait me redéfinir et que mon regard sur la vie allait changer. J’avais mis de coté le facteur temps qui m’avait empêcher de pleinement vivre cette période cruciale de la mi vingtaine jusqu’à la fin trentaine. À 26 ans, je frôlais la mort pour la première fois et cette expérience m’avait propulsé directement vers l’âge adulte en m’obligeant à rayer plusieurs des rêves qui se trouvaient sur ma liste.

La fois où la maladie m'a éloigné du reste du monde

L’entourage

Je n’avais pas pensé que le fait d’être malade allait me dévoiler le vrai visage des gens. Certaines des personnes qui m’avaient promis d’être là n’y était pas. Je ne me serais jamais attendue à quoi que ce soit si ce n’était des promesses que l’on m’a faites. J’ai du accepter que je ne pouvais compter que sur moi même.

La fois où la maladie m'a éloigné du reste du monde

Pendant longtemps, j’ai été isolé des autres parce que je vivais des moments difficiles et les gens avaient peur que je me mette à pleurer devant eux. Mais maintenant que je vais bien et que j’ai envie de partager ma joie, je subi la même chose parce que beaucoup de gens ont peur du succès. Le fait d’avoir été déçue trop souvent m’a amené à me tenir à l’écart puisque de cette façon, je ne pouvais plus l’être.

Le regard des autres

À bien des égards, je me sentais encore plus différente qu’avant. Mais surtout, j’avais l’impression que personne sur cette terre ne pouvait vraiment me comprendre sauf peut-être quelqu’un avec un parcours similaire.

Même ceux qui avait assisté à mon combat n’avait pas le même souvenir que moi de toute cette souffrance et terreur. Il voyait en moi un fille courageuse. Je n’avais pas envisagé que le regard que les gens allaient avoir sur moi allait être parfois difficile à assumer.

Des gens me disent que j’ai eu de la chance et qu’au moins maintenant je suis guérie. Ils ne voient pas la profonde tristesse que je vis chaque jour lorsque je comprends que j’ai perdu dix ans. Ils ne comprennent pas que je n’ai pas vraiment vu ma trentaine passer pendant que j’assistais à celle des autres. Ils ne savent pas que chaque jour, je vis un deuil. Celui de ne jamais avoir d’enfant.

 

Avoir le choix

Pendant des mois, j’ai observé les gens qui possède tout pour être comblé, mais parfois il m’a semblé qu’ils en voulaient toujours plus. J’ai observé des gens qui ne saisissait pas les opportunités qui se présentaient à eux et qui pouvaient les rapprocher de leur bonheur. Mais ces gens restaient là à se plaindre le ventre plein… Est ce que ça me fâche de constater qu’ils ont le choix alors que je n’ai pas eu ce luxe? Et ceux qui disent qu’ils n’ont pas le temps… N’ont-il pas compris que la vie est courte et que tout est une question d’équilibre?

Malgré mes tentatives répétées de ne pas me comparer aux autres, je me suis sentie frustrée d’avoir des conversations avec des gens qui me racontaient à quel point ils étaient insatisfait. Ils parlaient comme si c’était ça la vie. Ils reconnaissaient leurs problèmes et tentaient de dédramatiser en disant que tout le monde avait les mêmes problèmes. Un jour, quelqu’un m’a dit que je ne tarderais pas à ressentir cette pression de succès en retournant à mes activités normales. Le simple fait d’entendre les autres me dire que bientôt, je serais comme eux, m’a donné envie de me sauver en courant.

La fois où la maladie m'a éloigné du reste du monde

À contre courant

Je n’ai plus envie de participer à un concours de popularité. Je me suis engagée envers moi même à travailler sur mon mieux-être à chaque seconde. Chacune des mes actions est réfléchie, je fais les choses en me questionnant sur les émotions que je veux vivre en les faisant. En fin de compte, j’ai pris la direction opposée de celle à laquelle je croyais vouloir. J’ai décidé d’aller à contre courant du reste du monde.

Mais au passage, je croise parfois des gens avec des bagages de vie différents et leurs objectifs ressemblent aux miens alors on fait un bout de chemin ensemble…

Et vous? Est ce qu’il vous arrive d’utiliser le chemin le moins fréquenté?

Catherine

La fois où la maladie m'a éloigné du reste du monde

 

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