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Les vrais raisons pour lesquelles je pars en voyage cet hiver

20 octobre 2018
voyage

Dans quelques semaines, je quitte Montréal pour un long voyage à destination de Cabarete en République Dominicaine. Il y a environ 1 an, je me souviens avoir commencé à réfléchir à ce que je ferais si je remportais mon combat envers la maladie. J’avais besoin d’un projet, je voulais recommencer à rêver et travailler fort pour réaliser mes rêves.

Un voyage me semblait un des plus beaux projets sur lequel commencer à travailler.

C’est encore dure à croire que je pars avec un billet aller simple sans trop savoir quand je reviens. C’est un des ces projets fous auxquels j’ai tellement rêvé durant les dix dernières années. C’était tellement inaccessible il y a encore trois ans. Faut donc que je me pince régulièrement pour réaliser que ça se passe pour de vrai.

Dès que le mot guérison à fait son apparition, j’ai commencé à apporter de grands changements dans ma vie. J’ai dresser la liste des choix que j’avais fait parce que j’étais malade et j’ai commencé à me demander si certains de ces choix pouvaient être renversés.

Il s’est avéré que oui. La plupart des décisions que j’avais prises dans les dernières années étaient trop souvent très calculés avec un bas potentiel de risques et ne correspondaient pas nécessairement à la personne que j’étais.

Mais on ne sort pas comme on veut de cette constante anxiété liée à des problèmes de santé. Ce fut une tâche assez ardue d’arriver à me convaincre que certaines décisions étaient raisonnables alors qu’elles ne l’auraient pas été, il y a encore 24 mois.

Le confort

Même si ma vie en tant que personne malade n’a probablement rien de confortable aux yeux des autres, je me suis quand même retrouvé dans une zone de confort. Pour moi, cette zone; c’était l’isolement, les médicaments et aussi difficile à croire que ça peut l’être; les visites à l’hôpital durant lesquelles je me disais toujours que j’étais en sécurité.

Durant toute ma vie, j’étais toujours entrain de planifier un voyage. Ce n’était parfois que des semaines dans des tout inclus à boire des daiquiris à en être malade, mais dès que je remettais les pieds chez nous après un voyage, je commençais à planifier le suivant.

Ça m’a sauvé à des moments où ma vie était compliquée, lorsque je n’aimais pas mon travail où lorsque j’avais besoin de m’éloigner de la routine. Même si la maladie a exigé que je voyage de manière beaucoup plus organisé, c’était une des meilleures façons pour moi de décrocher.

Mais, je dirais que dans les deux années qui ont précédés ma greffe, je voyageais pour fuir plutôt que pour me ressourcer. J’arrivais à trouver une certaine paix et je prenais conscience qu’il y avait des choses urgentes à corriger dans mon mode de vie. Mais aussitôt rentrée, de remettais mes vieilles pantoufles et les résolutions de vacances prenaient le bord.

Et le dernier voyage que j’ai fait avant qu’on me diagnostique une dépression, croyez moi, ça n’avait rien d’un voyage de loisir. J’étais épuisée, extrêmement mal et tellement anxieuse.

Donc, même si pour moi l’interdiction de voyager à été une des choses les plus difficiles à accepter après la perte de cheveux. Je me suis quand même rappelé comment il peut être pénible de se retrouver loin de chez soi quand on souffre terriblement.

Alors plutôt que de m’apitoyer sur mon sort en me disant que je n’avais plus le droit de voyager, j’ai plutôt commencer à rêver à tous ces voyages que j’allais pouvoir faire une fois guérie.

Mais ce n’était pas toujours facile. J’avais travaillé durant près de dix années dans le domaine du tourisme. La majorité de mes amis étaient de grands voyageurs. Combien de fois je les ai vu parler de leurs expériences de vacances sur les médias sociaux en étant tellement jalouse. Je me rappelle même avoir supplié une amie d’arrêter de me montrer ses photos de voyage parce que ça me faisait tellement souffrir.

La nouvelle réalité

Je devais m’adapter à une nouvelle réalité; celle d’être une greffée. Être greffée, ce n’est pas quelque chose qui s’en va avec le temps. Même si on arrive à parler de succès et qu’on considère que je sois tirée d’affaire, il y a quand même ce faible risque de rejet qui vient nous hanter à jamais.

J’ai donc adapté mon plan en conséquence. Je souhaitais ne pas ressentir d’inquiétude, mais surtout ne pas en faire subir à mes proches.

Dès le départ, j’ai commencé à penser que de retourner à Cabarete serait probablement la meilleure option. Et à ce moment là, j’étais loin de me douter qu’on allait m’offrir un emploi me permettant de travailler d’où je veux, mais qui en plus, était basé à Cabarete. Ça n’a pu que confirmer que ma décision était la bonne. Les étoiles étaient bien alignées, comme on dit.

Avant d’y retourner, j’avais quand même quelques inquiétudes. J’avais peur de retourner dans de vieilles habitudes. J’avais peur de trop me rapprocher de l’ancienne moi; celle qui m’avait parfois fait du mal. Mais finalement, j’ai constaté à quel point j’étais différente lorsque je me suis retrouvée dans des situations de déjà vue, mais que ma perspective avait complètement changé.

La nouvelle moi

Je suis capable de reconnaitre ce qui est malsain pour moi, j’arrive à avoir la discipline de réagir rapidement lorsque quelque chose menace mon bien-être générale. Je n’ai plus du tout l’impression de fuir. Au contraire, j’ai le sentiment de ne jamais avoir été autant en symbiose avec moi même.

Le dépaysement me donne l’occasion de célébrer ma victoire contre cette maudite maladie du sang. J’ai réalisé que je n’avais plus à subir les restrictions de la maladie. J’ai compris qu’il y avait un avenir et qu’il m’appartenait de décider ce qu’il en serait.

Je me rends compte qu’il est beaucoup plus facile pour moi de prendre conscience de ma guérison lorsque je suis loin de chez moi, là où j’ai été isolée durant les dernières années. Même si je suis heureuse et reconnaissante de la chance que j’ai eu, il m’arrive de ressentir une forme d’étouffement lorsque je suis au même endroit trop longtemps.

Je crois que c’est le syndrome de tous les amateurs de voyage. Cette constante impression qu’il y a trop à voir pour une seule vie et que chaque minute qui passe est une nouvelle opportunité de découvrir de nouvelles choses…

Voilà comment moi je saisi cette opportunité et je prépare même un autre voyage dans ma tête qui aura possiblement lieu dans un an ou deux. Et peu importe si ce voyage se réalisera, le préparer dans ma tête me fait le plus grand bien et me donne juste envie d’avancer.

Catherine

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