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De l’isolement imposé à la solitude choisie…

19 juillet 2017
isolement imposée

Après avoir décidé récemment de vivre toute seule à nouveau, j’ai du réfléchir et m’assurer que c’était vraiment ce que je voulais. Il fallait que je sois certaine que je n’allais pas me diriger tout droit vers l’isolement. Au cours des dernières années, j’étais passée par différentes périodes où j’avais eu recours à la solitude, parfois par choix…Parfois de manière imposée.

choisir d'être seule ou l'isolement imposée

L’équilibre

Moi je suis du genre à dire que dans la vie, tu peux faire pas mal ce que tu veux en autant que tu trouves un équilibre. Il y a des choses qui devraient être prioritaires et d’autres qui devraient être occasionnelles. Toi! Tu devrais définitivement être la priorité et ton bien-être devrait être à l’origine de toutes tes décisions.

C’est comme ça que j’essaie de gérer ma vie. Je ne voulais surtout plus vivre avec des restrictions et je voulais me sentir libre de mes choix. J’ai fini par réaliser que les gens avaient souvent tendance à choisir les extrêmes. Dans à peu près toutes les sphères de la vie. L’alimentation, les sports, le travail et même les relations…

L’isolement de protection

Nous avons tendance à associer les gens à une particularité de leur mode de vie. Pour moi, c’est la maladie. Je sais très bien que lorsqu’on parle de moi, le sujet viendra au fait que j’ai guéri d’une maladie grave. Je n’ai aucun problème avec ça parce que j’ai décidé de vivre cette expérience publiquement.

Mais c’est mon étiquette, je le sais et ça a un impact direct sur ma relation avec les gens. Par exemple, avec mes amis, je dois parfois insister pour qu’ils me racontent leurs problèmes. Ils n’auront pas le réflex de le faire. Ils se diront; je ne veux pas lui ajouter du négatif après ce qu’elle a vécu, ou encore; mon problème n’est rien comparé au fait que cette fille à failli mourir.

Ce qui fait que généralement, je suis la dernière à apprendre qu’une amie se sépare ou qu’elle a des problèmes financiers… Je me sens parfois mise à l’écart, tout en sachant que ce n’est pas de la mauvaise intention. On veut me protéger en quelques sortes.

Durant les derniers mois, j’étais à la maison et avec les réseaux sociaux, j’étais au courant des tous les évènements auxquels je n’ai pas été invité pour des raisons parfois évidentes, mais même si je comprenais, j’étais triste de réaliser que les gens ne m’invitaient plus au restaurant parce que ma diète post greffe était trop sévère, de ne plus me faire inviter aux anniversaires des enfants parce que mon système immunitaire n’était pas assez fort, de ne pas aller dans une fin de semaine à l’extérieur de la ville parce que.. et bien je ne travaille pas, alors par le fait même, je n’ai surement pas d’argent.

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Solitaire depuis toujours

Je me rappelle avoir lu une fois un témoignage d’une femme qui avait reçu une greffe… Elle avait dit que ce qu’elle avait trouvé le plus difficile, c’était l’isolement. Jusqu’à ce jour là, je ne m’étais jamais vraiment arrêté sur la question. J’étais consciente que j’allais être dans une chambre pendant un mois seule la plupart du temps. Mais plus j’y réfléchissais, je me disais que j’avais toujours été de nature solitaire. À l’enfance, déjà j’aimais me retrouver seule pour dessiner ou écrire. J’ai passé beaucoup d’années à être célibataire et oui, il m’est arrivée de trouver ça déprimant lorsque toutes mes amis étaient en couple. Mais lorsque je me retrouvais en relation, j’étouffais et je m’ennuyais d’être seule.

Quand je suis partie vivre dans les Caraïbes, j’ai réalisé que ce n’était pas très commun de faire ce genre de chose toute seule à l’âge de 25 ans. Je me souviens de toutes ces personnes qui s’inquiétaient en me disant que c’était presque malsain et que j’allais m’ennuyer et regretter.

Il y a eu énormément d’épreuves à traverser durant les mois là bas et oui, il m’est arrivé de me dire que j’aurais aimé que ma famille soit là. Mais à aucun moment je n’ai regretté cette décision. À partir du moment où j’ai commencé à me sentir prisonnière de la situation, j’ai pris action et je suis partie à la rencontre des gens et je me suis fait plein d’amis.

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L’isolement malsain

Quand la maladie à frappé, je ne savais pas comment extérioriser ce que je vivais. J’ai traversé plusieurs phases; la colère, la tristesse, la peur… Mais la réalité était qu’en même temps que je vivais ma trentaine, je réalisais que mon corps se fatiguait plus vite que les autres. Pour moi, il n’était plus question de rêver un jour d’avoir des petits enfants où d’aller finir mes jours dans un pays chaud. Je n’osais même pas imaginer ce qui m’attendais. Cette phase là à été difficile. Elle m’a conduite dans le coté sombre de la solitude. Et j’ai trouvé du réconfort dans l’alcool… Ça me permettait de ne pas trop réfléchir a ce qui allait se passer. Je pouvais donc vivre le moment présent.. Un mal de tête à la fois.

Je suis tombée dans l’extrême à ce moment là. J’ai choisi d’entretenir une relation toxique avec quelqu’un, je ne faisais qu’attendre en me disant que c’était une mauvaise passe. J’étais plein de bonne volonté, mais je n’arrivais pas à contrôler ma consommation d’alcool. J’ai fini par me sentir toujours coupable, mais c’était claire pour moi, j’avais un problème. Quand j’étais avec des amis lors d’un souper ou d’une sortie, j’étais assez raisonnable, mais quand j’étais seule, je n’avais aucune difficulté à boire une bouteille de vin au complet et ce, même un lundi soir.

La déprime et l’art de saboter tout ce qui nous entoure

Au moment où j’ai quitté le travail en 2015, mon attitude d’auto destruction avait amené mes amis, surtout des collègues de travail à se distancer de moi. On peut dire que j’avais atteint le fond. Je me sentais comme si tout ce qu’il y avait de mauvais en moi avais prit le contrôle et que j’étais devenue un monstre. Je comprenais que mon comportement avait des conséquences et allait causer des dégâts possiblement irréparables. J’avais besoin d’aide, mais les gens se sont sauvé au lieu d’essayer de dialoguer avec moi. La situation classique d’une dépression.

Cette fois là, je me suis isolée naturellement. Je voulais simplement disparaitre et que les gens m’oublient. Je savais que j’avais du travail à faire sur moi même, mais je souhaitais le faire à l’abri des regards et du jugement.

Le diagnostic

Lorsque j’ai reçu un diagnostic officiel des psychiatres concernant mon état psychologique; trouble d’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive. Je me suis sentie soulagée. Il y avait donc un nom à cette foutue douleur qui m’empêchait parfois de respirer. À partir de ce jour là, j’ai commencé un combat pour éliminer tous les aspects négatifs que j’avais laissé entrer dans ma vie. Tranquillement, j’ai trouvé d’autres choses que l’alcool pour faire passer le temps et j’ai apprécié les matins sans gueule de bois. Je me pose régulièrement la question à savoir comment j’aurais changé mon mode de vie si ce n’était pas la maladie qui ne m’a pas laissé le choix.

 » Il est facile de se tenir avec la foule. Il faut du courage pour être seul. »

– Mahatma Ghandi

Je crois bien avoir retrouvé un équilibre à ce niveau. Avec l’isolement qui m’a été imposé avec la greffe et les mois qui ont suivis, je réintègre tranquillement certaines activités qui impliquent que je sois entourée de gens. Mais je demeure une personne de nature solitaire. J’adore être chez moi et faire toutes sortes de choses qui contribuent à améliorer ma qualité de vie. J’ai été en colocation durant plusieurs années et ce fut une excellente chose pour m’aider à traverser certains passages difficiles. Par contre, j’avais besoin de retrouver cette quiétude que je n’avais vécu que lorsque j’habitais seule. Et encore une fois, les gens ne comprennent pas toujours ce qui me plait dans ce mode de vie. À cela je réponds qu’en ayant un blogue, j’interagis avec des dizaines de personnes chaque jour et j’ai un sentiment d’appartenance envers ma communauté. Dans mes relations, je choisi la qualité avant la quantité et je préfère être occasionnellement avec des gens avec qui je peux être moi même plutôt qu’être avec des gens tout le temps, mais constamment essayer de leur plaire.

choisir d'être seule ou l'isolement imposée

L’important, c’est d’être bien… peu importe qu’on soit seul ou avec cent personne. 🙂

Catherine

 

 

 

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  1. Je suis vraiment contente d’apprendre à te connaitre un peu plus à chaque article 🙂 Et surtout je te comprends et je suis tout à fait d’accord avec toi ! Je n’ai pas énormément d’amis mais je sais que je peux compter sur eux et c’est tout ce qui compte <3

  2. J’adore cet article, tu as parlé de la solitude sous tous ses aspects et je trouve cela très apaisant, me demande pas pourquoi 😊 Et ce que tu dis es tellement vrai mieux vaut la qualité qu’essayer de plaire à tous, Merci 👍🏼

    1. Merci beaucoup Claire. J’apprécie votre commentaire. Je vous souhaite plein de positif parce que dans la solitude, il faut parfois devoir se consoler nous même, mais on apprend avec le temps… bizou

  3. Bonsoir,
    J’aime beaucoup ton article. La solitude est quelque chose que je connais aussi, qui m’a souvent été imposé sans que je le veuille. A force, elle est devenue ma meilleure amie et fait aussi que j’ai un peu de mal à me sociabiliser parfois. Je suis aussi tout à fait d’accord avec toi sur le point : Il faut mieux choisir la qualité à la quantité !

    Très bonne soirée à toi. <3

  4. Bonjour,
    Je viens de découvrir ton blog par cet article qui m’a beaucoup émue. Malgré les épreuves que tu as subi, je te trouve très courageuse. En ce qui me concerne, la solitude et le silence me déprime beaucoup. Je n’arrive pas souvent à être seule avec moi même. Je devrais essayer. Pour ce qui est de la maladie j’espère que ça va et que tu est tirée d’affaire. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir d’autres articles mais je vais y aller et m’abonner à ton blog.
    Bonne soirée,

    1. Merci beaucoup 🙂 Oui, je te confirme que je vais beaucoup mieux aujourd’hui et que la maladie semble être derrière moi pour de bon. La solitude. ça s’apprivoise et il faut s’entrainer. Mais si ce n’est pas naturel, effectivement ça peut-être déprimant. Écoutes toi. 🙂

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